DramaMix #01 : Gaga People

Cette semaine, range ton smartphone et monte avec moi sur les planches !

J’ai découvert le théâtre en CE1 (en jouant Blanche Neige) et j’ai commencé à enseigner quand je suis rentrée en fac de cinéma. Au fil des années je me suis formée sur le terrain et j’ai incorporé de plus en plus de techniques venues d’autres disciplines dans mes routines d’échauffements et d’exercices techniques. Aujourd’hui j’aimerais te parler du Gaga et de son application en atelier théâtre avec en bonus un peu de mise en pratique.

C’est parti pour ce tout premier DRAMAMIX !

Photographie : Gadi Dagon

QU’EST-CE QUE LE GAGA ?

Alors, je t’arrête tout de suite, le Gaga n’a rien à voir avec être Born This Way. C’est une technique d’improvisation corporelle développée par le chorégraphe Ohad Naharin. Il l’utilise à la fois avec ses danseurs.euses de la compagnie Batsheva dans le cadre de leur entraînement quotidien mais également avec des groupes de non-danseurs.euses : le Gaga People. Il s’agit d’un ensemble d’actions physiques simples qui se combinent progressivement les unes avec les autres et permettent une meilleure perception de son propre corps et une exploration de ses propres capacités de mouvement.  Chaque participant.e interprète les consignes qui varient au fil du cours. C’est une pratique plus sensorielle que démonstrative. Il ne s’agit jamais de reproduire ce que propose l’intervenant mais de l’interpréter.

Photographie : Gadi Dagon

 

DANSER RACINE :

J’ai découvert le travail d’Ohad Naharin lorsque je travaillais sur Personnages (dé)Racinés avec mon atelier d’adulte. J’avais comme inspiration Pina Bauch et Angelin Prejlocaj mais d’une part je ne suis pas professeur de danse et d’autre part mes élèves n’avaient jamais dansé de leur vie. J’étais à la recherche d’une approche chorégraphique parlante pour des non-danseurs.euses, qui puisse les faire progresser et tout ça sans qu’ils risquent de se blesser. L’approche d’Ohad Naharin m’a alors aidé à trouver des mots et des consignes simples pour entamer avec eux.elles un travail chorégraphique qui prenne en compte le corps et les possibilités de chacun.e.

En 2016 j’ai eu la chance de passer quelques jours à New York et j’en ai profité pour prendre un cours de Gaga People. J’ai entrevu encore plus distinctement la richesse de cette technique, son côté ludique, libre et sensoriel.

Photographie : Gadi Dagon

 

DE NEW-YORK AUX ATELIERS :

À la rentrée suivante j’ai changé le premier exercice de la routine d’échauffement de mes ateliers en m’inspirant (très très librement) du gaga people. L’objectif était à la fois de permettre aux élèves de se reconnecter avec leur corps, d’en explorer les possibilités et de pouvoir improviser ses mouvements plutôt que de suivre un enchaînement de mouvements (ce qui leur semble souvent rébarbatif et un peu trop sportif). J’ai choisi une musique composée de couches sonores qui se superposent progressivement et j’ai associé une consigne à chaque couche supplémentaire afin que les élèves puissent effectuer l’enchaînement sans être obligé de me regarder.

J’ai intégré cet exercice à tous mes ateliers, des enfants aux adultes. Pour la première fois j’ai observé mes élèves prendre un plaisir renouvelé à explorer leur propre corps et rentrer dans l’énergie du cours beaucoup plus rapidement. Comme si le temps de la musique était un passage de l’extérieur vers l’intérieur. Leur palettes d’état corporel s’est enrichie et j’ai pu faire appel aux consignes de cet échauffement dans le cadre d’exercices d’improvisation, de construction des personnages et de mise en scène des spectacles de fin d’année.

Cette année j’ai donc renouvelé l’expérience sur une nouvelle musique et je suis ravie de voir les corps se libérer, se grandir et s’affirmer.

Photographie : Gadi Dagon

 

EN PRATIQUE :

À la maison :
Si tu as envie d’expérimenter la version DramaMix à la maison tout ce que tu as à faire est de choisir une musique et d’associer à chaque changement une consigne simple et imagée. Voici les deux morceaux que j’ai utilisé jusqu’ici.

Les consignes de cette année (sur Odissi) sont les suivantes : sol brulant, mouvements de cercle qui ne s’arrête jamais, mouvements saccadés, trembler comme une spaghetti dans l’eau bouillante, écrire son prénom avec une partie du corps, être immergé.e dans les fonds marins,

Dans un studio de danse :
Si tu es curieux.se de découvrir le Gaga avec un danseurs d’Ohad Naharin, rends-toi sur leur groupe Facebook. Tu seras tenu.e au courant des stages qu’ils proposent. À Paris il y en a régulièrement à Micadanses. Le prochain aura lieu du 29 janvier au 3 février 2018.

Au théâtre ou en salle :
En attendant le prochain passage de la compagnie à Paris (généralement à Chaillot), je te conseille vivement de regarder le documentaire Mr Gaga de Tomer Heymann.

Et si tu es intéressé.e par les ateliers théâtre annuels et/ou ponctuels, laisse-moi ton mail pour être tenu au courant.